B E T T Y

Ma mère me disait tu dois être fière de toi, alors j’ai pris toutes les insultes comme des qualités

Betty a 24 ans, elle vient de la République Démocratique du Congo.Après avoir été inspirée par le personnel médical lors de ses allers-retours à l’hôpital, elle se décide à intégrer la faculté de médecine après son baccalauréat scientifique option biologie et chimie.

Elle rate de peu le concours d’entrée, se retrouve dans des classes de cinquante élèves ce qui ne l’aide pas, car Betty a des problèmes de concentration.Elle se décide à venir en France pour s’offrir un nouveau départ.

Venir en France pour reprendre ma vie à zéro, mettre des moyens en place

Betty est en France depuis quatre ans maintenant, elle a passé un an et demi en foyer. Avant d’être en foyer, elle se retrouve un temps sans hébergement et est installée en hôtel par la mission locale qui la suit.

Fine observatrice, elle passe son temps à essayer de décrypter les comportements, à comprendre pourquoi ces moqueries, pourquoi ce besoin de souligner ce qui est différent et de le mettre à l’écart. Dans ce foyer, elle déploie une stratégie de survie intéressante; elle refuse de passer du temps avec le collectif, veille à rester le plus de temps à l’extérieur ou enfermée dans sa chambre. Au niveau professionnel, elle cherche très longtemps à obtenir un stage dans le milieu hospitalier, car à présent elle souhaite devenir aide soignante puis infirmière. Mais malgré son investissement, les portes restent fermées, elle se confrontera même à des paroles très dures en entretien, où la responsable lui rappelle qu’avec son handicap, elle ne pourra jamais exercer.

Mais Betty est déterminée à se construite une vie meilleure, elle continue donc d’avancer, réajustant ses objectifs au fil des expériences.

Avec son handicap, les moqueries sont quotidiennes mais Betty se construit en suivant le modèle de sa maman qui l’inspire et qui lui apprend à accepter la douleur pour la transformer en force.

Je dois aller loin, dépasser les pleurs et ne pas rester focalisée sur un point

Betty ne nie pas la douleur, elle ne l’ignore pas ni n’entretient de colère envers elle, elle l’accueille pour mieux continuer d’avancer. Sa maman lui a appris l’adaptation, l’acceptation et la détermination. Aujourd’hui elle veut être une femme forte, une femme qui assume son handicap avec élégance et force, une femme qui inspire les autres.

Réussir sa vie, c’est ne pas se mettre de limites

“Il ne faut jamais baisser les bras, ne pas écouter les autres et croire en soi” me confie t-elle. Avant, Betty ne s’aimait pas, puis elle a réalisé que d’autres avaient moins que ce qu’elle possédait. Comme sa maman, elle se maquille, “même quand je suis seule et que je reste à la maison”. Elle apprend à faire les choses pour elle même, et se détache peu à peu du regard des autres et de l’approbation extérieure pour se rapprocher davantage de son essence.

Une femme forte, c’est une femme qui dépasse ses limites

Aujourd’hui Betty est en formation en vente en électroménager. Oui, c’est loin de son projet initial, mais elle défend cette orientation par le fait d’y retrouver le relationnel et le soin à la personne qu’elle affectionnait tant. Ses objectifs sont de gagner en stabilité par l’obtention d’un travail, d’obtenir son propre appartement afin d ‘avoir ” un endroit à moi où dormir” , d’obtenir son permis et, dans un avenir proche, de créer son entreprise.

Résilience

Adaptation

Détermination

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